Portraits 

La famille Adamsbaum

Gisèle Zylberberg, la nièce de Henoch Adamsbaum témoigne (1): "Henoch Adamsbaum est né à Varsovie le 29 juin 1898. Henoch épouse Lisa Rubin, née à Lodz en 1904. Le couple quitte Varsovie pour s’établir à Cologne où naîtront leurs deux fils, nos cousins, Aribert, dit Albert, le 23 juillet 1929 et Siegfried, dit Jacki, le 29 octobre 1930. Vers les années 1938-1939, pour des raisons certainement économiques, le couple et leurs deux enfants élisent domicile dans le nord de la France à Lens. Hersch, le frère de Henoch, tient, à Lens, un commerce prospère de fourrures. En mai-juin 1940, Henoch et sa famille se réfugient le département d’Eure-et-Loir et se se fixent à Brezolles"

"Le 25 juin 1942, les Allemands viennent chercher Henoch à son domicile et l’emmènent à la prison de Chartres. Lisa, sa femme, malade, échappe à cette arrestation. Le 27 juin, Henoch est transféré au camp de Beaune-la-Rolande et le 28 juin 1942, le convoi 5 l’emporte vers Auschwitz". Il y décède 10 jours après son arrivée (2)

"Lisa et ses fils demeurent toujours à Brezolles et les garçons sont tous deux admis en cinquième au collège de Verneuil en octobre 1942.Le 23 février 1944, alors que les enfants sont en vacances scolaires, les Allemands se présentent dans la matinée à leur domicile et arrêtent Lisa et ses deux enfants, Albert et Jacki. Le 7 mars 1944, le convoi 69 emmène Lisa, Albert et Jacki à Auschwitz. Henoch, Lisa, Albert et Jacki ne reviendront jamais".

(1) Témoignage de Gisèle Zylberberg et photographie extraits du site "Les Témoins", conçu par le Cercil-Musée Mémorial des enfants du Vel d’Hiv.

(2) Nicolas Mariot, Claire Zalc. Face à la persécution: 991 Juifs dans la guerre. Odile Jacob (16 septembre 2010)

Alpern Nathan 

Le 11 septembre 1942, Nathan est raflé à Lens avec ses parents et est déporté à Auschwitz. Nathan est un des 17 Lensois ayant survécu à la déportation.

Nathan Alpern est né le 26 juin 1917 à Karlsruhe en Allemagne. Il est le fils de Isaac Alpern (né en 1890) et de Esther Alpern-Spielmann (née en 1888). La famille Alpern émigre en France en France en 1933 et vient habiter à Lens à partir de 1936 au 39 rue Félix Faure. Au début de la guerre, Nathan Alpern s'engage au sein au 21e Régiment de Marche des Volontaires Etrangers. La défaite de l’armée française entraîne sa démobilisation et son retour dans le Nord de la France (1).

Nathan est arrêté, le 11 septembre 1942 à son domicile par la Feldgendarmerie, avec ses parents, lors de la grande rafle des Juifs du Nord–Pas-de-Calais. Embarquée dans un train en gare de Lens, la famille rejoint le camp de rassemblement de Malines en Belgique, le « Drancy » des Juifs de Belgique et du Nord de la France. Il est inscrit sur la liste du convoi X avec le numéro 798 et déporté, le 15 septembre 1942 à Auschwitz où il arrive le 17 (1).

Nathan Alpern est enregistré dans le camp, le 17 septembre 1942, et est intégré dans un Kommando, constitué d’internés chargés de travailler dans l’usine de caoutchouc de la firme privée IG Farben à Buna-Monowitz, un des trois sous-camps d’Auschwitz (2). Le matricule 64005 lui est alors tatoué sur le bras. Ses parents, Isaac et Esther, sont gazés à l’arrivée (1).

Les archives du camp permettent de retrouver le passage à deux occasions de Nathan au Revier, l'hôpital d'Auschwitz, une première fois fin 1943, et une seconde du 25 février au 12 avril 1944. À cette date, il est l’un des rares déportés du convoi X encore vivant (1).

Le 18 janvier 1945, le camp d’Auschwitz doit être évacué en raison de l’avancée de l’armée rouge, commence alors pour Nathan Alpern une terrible marche de 70 km dans la neige et un froid glacial. Après plusieurs jours de voyage dans des conditions extrêmement éprouvantes à travers la Tchécoslovaquie, l’Autriche et l’Allemagne, Nathan Alpern parvient, le 28 janvier, au camp de Mittelbau-Dora où il devient le matricule 107845. Il y retrouve, un des rares survivants Lensois du convoi X, Jankiel Szlamkowicz (1).

Malgré les conditions épouvantables qui règnent dans ce camp, Nathan Alpern parvient à survivre et y demeure jusqu’à l’évacuation du lieu le 4 avril 1945. À cette date, Nathan Alpern est intégré à l’un des convois d’évacuation qui aboutit à Bergen-Belsen. Il est libéré le 15 avril 1945 par les troupes britanniques. Il pèse alors 38 kg. Il est rapatrié dans le nord de la France à la fin du mois d’avril 1945 (1).

Il épouse en 1946 Jenny Dawidowicz. Nathan et Jenny auront cinq enfants.

(1) Le livre des 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora. Laurent Thiery. Cherche Midi, 2020

(2) Face à la persécution: 991 Juifs dans la guerre. Nicolas Mariot et Claire Zalc. ÉditeurOdile Jacob, 2010, 304 pages

Photographie : collection famille Alpern. Amicalement communiquée par Catherine Tajchner Alpern

La famille Berenzon

Szmil Berenzon est né le 15 novembre 1901 à Radzyn (Pologne). Son épouse Cyrla Woldsztejn naît le 14 mai 1900 à Mszczonów (Pologne). La soeur ainée de Cyrla, Masza Ekman (née Woldsztejn), fait venir sa cadette en France.

Cyrla épouse à Lens Szmil Berenzon. Deux enfants naissent à Lens de cette union : Mathilde est née le 2 août 1932 et Rosine-Rosette naît le 10 juillet 1937.

Cyrla est mère au foyer, Szmil est voyageur de commerce. La famille habite à Lens rue Jean Baptiste Kleber. Mathilde est scolarisée à l'école de filles Jeanne d'Arc à partir d'octobre 1938.

Adolphe (Dodo) Ekman, le cousin de Mathilde et Rosette, raconte le destin tragique de sa famille dans le magnifique film "Mathilde et Rosette" de Alice Ekman : "pendant la guerre Mathilde et Rosette sont confiés à une famille polonaise non juive dans un village près de Lens et passent pour les enfants de leur famille d’accueil. La veille de Roch Hachana ( le nouvel an juif), Szmil, leur père, vient chercher ses filles pour célébrer en famille la fête juive" (1). C'est le jour choisi par les Allemands pour effectuer la grande rafle des Juifs du Nord-Pas-de-Calais. Le 11 septembre 1942, la famille Berenzon est raflée à son domicile Lensois, transférée à Malines avec les Juifs raflés le même jour dans tout le Nord-Pas-de-Calais à Malines et est déportée vers Auschwitz le 15 septembre.

Cyrla et ses deux filles sont gazées à l'arrivée. Szmil Berenzon est enregistré dans le camp. Les archives d'Auschwitz retrouve le passage de Szmil à l'hôpital du camp le 30 novembre 1943. C'est l'unique et dernière mention de Szmil à Auschwitz (2).

Szmil avait 41 ans, Cyrla 42 ans, Mathilde 10 ans et Rosette 5 ans

(1) Mathilde et Rosette, un film de Alice Ekman, 2020.

(2) Face à la persécution: 991 Juifs dans la guerre. Nicolas Mariot et Claire Zalc. ÉditeurOdile Jacob, 2010, 304 pages

Photographie : collection famille Ekman. On y voit Mathilde, Szmil et Cyrla Berenzon

Biezunski Georges

Georges Biezunski est né à Lille le 21 décembre 1926. Il est le fils de Jacques Biezunski et Rose Timberg. Georges a un frère, Albert, de 5 ans son cadet. Toute la famille s’installe au début des années 30 à Lens. Georges y est scolarisé entre 1931 et 1938 à l’école Carnot. Au moment où commence le conflit, les Biezunski sont retournés habiter à Lille. 

Le 18 mai 1940, les Biezunski prennent la route de l’exode avec les membres de leur famille restés à Lens. Ils trouvent refuge à Sarliac en Dordogne à quelques kilomètres de Périgueux.  Les rafles en Dordogne de l’été 1942 et de février 1943 conduisent Jacques, le père de Georges Biezunski, à disperser les membres de sa famille pour les protéger. Georges et Albert Biezunski se réfugient à Guéret en Creuse, Georges est scolarisé à l’automne 1943 au Lycée de Guéret. Ils y rencontre des élèves-maîtres qui vont devenir ses futurs compagnons d’arme dans la résistance au sein du groupe F.T.P René Laforge. Revenu en 1944 à Périgueux, il s'intègre à nouveau dans la Résistance et le groupe FTP du lycée. Georges raconte : « J’étais retourné au Lycée de Périgueux. J’avais quitté le groupe FTP du lycée de Guéret mais eux, les FTP, m’ont repêché à Périgueux, ils m’avaient bombardé responsable des étudiants communistes pour la Dordogne… vous savez les promotions ça allait très vite…  Le grand évènement dans lequel j’ai été impliqué a été le sabotage des locomotives du dépôt de Périgueux ». A l’automne 1944, la famille Biezunski se réfugie à la Bourboule avant de rentrer à Lille à la fin de la guerre. 

(Photographie de Georges Biezunski à Périgueux, collection familiale)

Birman Hélène-Hana-Haya

Hélène Birman est la fille de Gershon et Blima Birman. Elle est née le 23/01/1898 à Rypin (Pologne). Hélène a six frères : Yaakov, Abraham, Ytzhak, Jonas, Pinkus et Bernard. Hélène est arrêtée lors de la rafle du 11 septembre 1942 à son domicile du 11 rue Denis Pépin à Hénin-Liétard et est déportée avec son mari Chaim/Chajkel Birman, par le convoi X de malines sous les numéros de transport respectifs 558 et 557. Ils décèdent tous les deux à Auschwitz

(témoignage recueilli auprès de Ytzhak Birman, neveu de Hélène Birman, juin 2020

Photographie de gauche à droite : Abraham, Jonas et Elie-Pinkus Birman, au premier rang Hélène Birman, 1931, collection familiale)

Dawidowicz Abraham

Abraham Dawidowicz est né le 7 mars 1902 à Zusrin, son épouse Mirla, née Tokar, est née le 17 juillet 1907 à Varsovie. Ils ont trois enfants : Josef, né le 20 janvier 1929 à Berlin, Bella, née le 18 septembre 1927 à Berlin et Liliane, née le 6 février 1941 à Avion (Pas-de-Calais) (1).

Abraham et sa famille figurent sur la liste des Israélites recensés en décembre 1940 à Avion dans l'arrondissement d'Arras. Il y habitent 13 rue Berthelot (2). Abraham est cordonnier (3), il est le frère de Joseph Dawidowicz (4).

Le 11 septembre 1942, Abraham, son épouse et ses enfants sont tous arrêtés à Avion lors de la grande rafle des juifs du Nord-Pas de Calais. Ils sont déportés sans retour le 15 septembre 1942 par le transport X depuis la Caserne Dossin (Malines-Mechelen) en Belgique à Auschwitz (Pologne).

Abraham avait 40 ans, sa femme Mirla 35 ans. Leur enfants : Bella avait 15 ans, Joseph 13 ans et Liliane 1 an et demi.

(1) Site AJPN

(2) document fourni par N.Mariot et C.Zalc

(3) Yad Vashem

(4) Face à la persécution: 991 Juifs dans la guerre. Nicolas Mariot et Claire Zalc. ÉditeurOdile Jacob, 2010, 304 pages


Photographie : Abraham Dawidowicz. Source : publiée avec l'aimable autorisation des Archives Générales du Royaume (AGR)-Police des Etrangers, Belgique.

Dembinski Chaskiel-Charles

Chaskiel-Charles Dembinski est né le 4 décembre 1899 à Kowal (Pologne). Il arrive en France en novembre 1922, à Algrange (Moselle) venant d’Allemagne, il y réside jusqu’en 1924, puis il quitte cette localité pour se rendre à Lens. En décembre 1936, il s’installe avec sa femme Sarah née Biezunski et son fils Maurice (né le 18 novembre 1936 à Lille) à Bully-les-Mines (Pas-de-Calais) et ouvre un commerce de confection (1).

En mai 1940, la famille Dembinski fuit le bassin minier pour se rendre en Dordogne. Mais ils n’y restent que quelques semaines. Ils prennent, en effet, la décision de retourner à Bully-les-Mines pour reprendre possession de leurs logements et magasins. Les menaces constituées par les mouvements et actions militaires s’étant, pensaient-ils, apaisées.

De retour dans la Pas-de-Calais, la famille Dembinski se soumet, en décembre 1940, à l’obligation qu’ont les Juifs de se déclarer. La famille réside alors 4 rue Condé à Bully-les-Mines. Les Dembinski apparaissent sur les listes de recensement des Juifs en janvier 1942 et doivent acheter leurs étoiles jaunes durant l’été (1).

François Dembin fils de Charles et Sarah Dembinski, né en mars 1944 à Périgueux, raconte (2): « Quand le danger pour les Juifs est devenu imminent, ma mère Sarah et mon frère Maurice se sont cachés dans une ferme dans le Pas de Calais et ma mère a exhorté mon père de venir les rejoindre. Charles a refusé, pour surveiller le magasin et la maison à Bully-les-Mines. Mon père pense que si on vient le chercher il peut s’enfuir par une cour à l’arrière du magasin qui donne sur les corons ». Il n’aura pas cette chance. Le 11 septembre 1942, les Allemands frappent à sa porte.

François Dembin poursuit : « Le 10 septembre 1942 dans la nuit, les Allemands viennent taper à la porte de mon père, à l’avant mais aussi à l’arrière de la maison ». Les Allemands embarquent les deux juifs de Bully-les-Mines : Charles Dembinski et leur voisin Szwarc. ».

Après l’arrestation, Charles est conduit auprès des Juifs de Lens arrêtés au cours de la même rafle. Il est mis dans un train qui arrive à Lille le 11 septembre 1942. François Dembin raconte : « Mon père a eu une chance extraordinaire, alors que le train était à quai, à Fives Lille , un cheminot est passé, lui a mis un seau dans la main et il lui a dit « suis moi ». Mon père est descendu sur le quai et au nez et à la barbe des Allemands, le cheminot l’a amené dans une arrière-cour et lui a dit de sauter au-dessus d’un mur de plus de deux mètres de haut… ». C’est ainsi que Charles a pu s’enfuir.

François Dembin poursuit : « Après avoir échappé à la déportation à Lens en septembre 1942 mon père, Charles Dembinski et ma mère, Sarah, décident de rejoindre la Dordogne avec mon frère Maurice. Ils s’installent juste à côté de Ligueux, dans un lieu-dit « Fontaniel ». Ils habitent dans une masure, pièce unique sans électricité, sans eau. Ils y restent jusqu’à leur départ de Dordogne".

Au printemps 1944, la Dordogne bascule dans une violence inouïe (3). La famille Dembinski décide de se réfugier à La Bourboule. A la fin de la guerre, la famille Dembinski rentre, saine et sauve dans le Pas-de-Calais, « mais il n’y a plus rien : à la maison tout a été vidé » rapporte François Dembin (2).

(1) Face à la persécution: 991 Juifs dans la guerre. Nicolas Mariot et Claire Zalc. ÉditeurOdile Jacob, 2010, 304 pages

(2) Témoignage de François Dembin, recueilli en 2018

(3) Les juifs en Dordogne, 1939-1944: de l'accueil à la persécution. Bernard Reviriego, Editions Fanlac

La famille Ehrlich

David Ehrlich est né à Berlad en Roumanie, en 1897, de l’union de Moshe et de Hannah Ehrlich. Il épouse Rebecca Mendel (née en 1900). 

Le couple arrive en France, à Paris, en 1926 avec ses deux enfants, Zigu (né le 20 avril 1924 à Bucarest) et Aguianak (né le 13 février 1926 à Bucarest) (1). En 1930, la famille s'installe à Lens au 27, place de la République (2). En France, le couple aura cinq autres enfants : Claire-Sally (née le 17 janvier 1928 à Paris), Marcel (né le 1 septembre 1930 à Lens ), Henry (né le 5 mars 1936 à Lens), Emile ( né le 5 mars 1938 à Lens) et Anne-Marie ( née le 5 juin 1940 à Lens). A la veille de la guerre, la famille Ehrlich habite Cité Mayeux à Lens. A l'été 42, les étoiles jaunes leur sont remises (3).

David, Rivka et leurs sept enfants sont arrêtés à Lens le 11 septembre 1942 et déportés à Auschwitz à bord du convoi X, via le camp de transit de Malines (Mechelen). Les neuf membres de la famille seront tous assassinés.

(1) Yad Vashem  

(2) Informations transmises par J. Zalane  

(3) Documents communiqués par N.Mariot et C.Zalc

Photographie : Paris, 12 juin 1928. David et Renée-Rivka Ehrlich et leurs enfants, Archives photographiques de Yad Vashem. De gauche à droite : Zigu, Rivka, Sally, Aguionak et David Ehrlich. (Photographie reproduite avec l'aimable autorisation de Yad Vashem)

Fajnkuchen Mendel-Manek

Mendel-Manek Fajnkuchen est né le 24 août 1908 à Przedborz (Pologne).  Il est le fils de Judka-Yidel Fajnkuchen et de Chana Rosenberg.

Mendel arrive en France en 1929. Il réside successivement à Douai puis à Lens et déménage à Avion après son mariage avec Esther-Erna Timberg en 1933. Il ouvre un magasin de confection boulevard Demailly à Avion. Il fuit Lens en mai 1940 avec son épouse Esther et son fils Séverin. Réfugié en Dordogne de 1940 à 1944, il se réfugie à Lyon au printemps 1944. Il est arrêté à Lyon par des membres du P.P.F en juillet 1944, interné à la prison du Fort Montluc et déporté par le convoi 78 en août 1944. Il décède à Auschwitz. 

(Photographie de Manek-Mendel Fajnkuchen, collection familiale)

Fajnkuchen Zysla-Suzanne

Zysla-Suzanne Fajnkuchen est née le 10 juin 1925 à Kielce (Pologne). Elle est la fille de Mordka ou Nordka Fajnkuchen (- Grynzpan ?) et Taube Fajnkuchen. 

Zysla arrive en France en 1936 avec sa mère et ses 3 frères et soeurs . Zysla ne quitte pas la région lensoise en 1940, et habite au début de la guerre chez une de ses tantes à Lens. Sa mère Taube et un des ses frères, sont en Belgique à Anvers. Elle est scolarisée depuis 1939 à l’école Jeanne d’Arc de Lens. 

Le registre de cette école constitue le dernier document d’archive où il est fait mention de Zysla. Son nom apparaît au milieu de noms d’autres élèves de sa génération. On peut lire en face de chacun des noms d’élèves les observations habituelles de fin d’année scolaire : une est qualifié de « bonne élève », une autre de « travailleuse ». En face du nom de Zysla, quelques mots qui disent tout sur son parcours : « n’est pas rentrée après l’invasion ». Quelques mois après le déclenchement du conflit, Zysla est confiée à une famille d’accueil. 

Le 11 septembre 1942, Zysla est raflée à Avion, transférée à Malines puis déportée à Auschwitz par le convoi X où elle décède. Zysla avait 17 ans. 

(Photographie de Zysla Fajnkuchen à Kielce (Pologne), collection familiale)

Fater Joseph

Joseph Fater est né le 12 janvier 1891 à Mozczonow (Pologne). Il s'installe à Lens en 1931. Raflé à son domicile le 11 septembre 1942, il est déporté à Auschwitz par le convoi X parti de Malines. Il  décède à Auschwitz, probablement assassiné dès son arrivée au camp.

Joseph est le fils de Mordka Fater et de Chana Estera Rotenbaum. En septembre 1908, Josef Fater épouse Ita Grynszpan à Volomin (Pologne) juste avant de partir pour 7 ans de service militaire dans l’armée du Tsar. Il a alors 17 ans, Ita en a 19. Trois enfants naissent de cette union : un garcon, Icek, nait en 1909. Une fille, Rachel nait en 1917. Une autre fille nait en 1920, elle décède dans sa petite enfance. La famille, de condition modeste, passe plusieurs années à Volomin au nord-est de Varsovie. La vie quotidienne y est difficile. En 1929, Icek le fils ainé de Josef, quitte la Pologne, ressentant de plus en plus brutalement les discriminations contre les juifs. Icek s’installe à Bruxelles après avoir vécu quelques mois à Berlin. Son père Josef le rejoint en 1929.

En octobre 1930, probablement pour des raisons économiques, les Fater, père et fils, quittent la Belgique pour le Nord de la France et s’installent à Lille. En 1931, la femme de Joseph, Ita et leur fille, Rachel, les rejoignent en France. Ita, Joseph et Rachel s’installent à Lens au 17 Rue de Douai, ils exploitent un commerce de tissus. Quelques années après, le couple se séparent. Ita part vivre en 1942 à Eleu-dit-Leauwette (Pas-de-Calais) chez sa fille, qui s’est mariée avec Jacques Carlier.

Fin 40, début 41, Joseph se soumet à l’obligation de se déclarer en tant que Juif. Il habite alors, seul, au 17 rue de Douai à Lens. A l’été 42, il est contraint de porter l’étoile jaune. Le 11 Septembre 1942, il est raflé à son domicile Lensois lors de la grande rafle du Nord-Pas-de-Calais et est déporté vers Auschwitz via Maline par le convoi X le 15 septembre 1942. Comme les archives ne mentionnent plus de trace de lui après son arrivée à Auschwitz, on doit probablement estimer qu’il a été tué dès son arrivée. Ita et sa fille Rachel échappent à la déportation

(1) D'après le tapuscrit rédigé par Katia Fater

Photographie : collection familiale, aimablement communiquée par Katia Fater

Garber Joseph

Joseph Garber est né le 1er Juin 1919 à Kielce (Pologne), il est le fils de Michel-Abraham Garber et Sarah Fajnkuchen.

Joseph quitte la Pologne en 1936 avec sa soeur Génia-Goldie, pour rejoindre à Lens les autres membres de leur famille arrivés quelques mois auparavant. Tous résident 4, rue Victor Picard.

En décembre 1940, les Garber se soumettent à l'obligation de se déclarer en tant que Juifs. Quelques mois plus tard, ils quittent le Pas-de-Calais pour la Dordogne.

Maurice Garber, le benjamin des Garber, fait le récit de l’exode de sa famille : « « Très vite, on a décidé de rejoindre la zone libre. La traversée de la ligne de démarcation a été difficile car les Allemands étaient là. Nous nous sommes retrouvés, en marchant, de nuit, dans la région de Périgueux et nous sommes allés nous installer à douze kilomètres de Périgueux au lieu-dit La Borie dans le village de Champcevinel".

Joseph Garber est incorporé dans un groupement de travailleurs étrangers (GTE), le 647ème GTE. Le 27 février, Joseph est arrêté à Périgueux lors d'une rafle. Le jour même, un car de 22 places quitte Périgueux pour le camp de Nexon (Haute-Vienne). A son bord, 19 personnes, dont Joseph Garber. Joseph est dirigé depuis Nexon vers Drancy, le 3 mars, et est déporté par le convoi n° 51 vers Maïdanek-Sobibor où il est assassiné.

(Source : Bernard Reviriego, Les juifs en Dordogne, 1939-1944: de l'accueil à la persécution, Editions Fanlac. Photographie de Joseph Garber, collection familiale)

 

Garber Michel-Abraham 

Michel Abraham Garber est né le 2 ou le 9 novembre 1890 à Kielce (Pologne).

Michel-Abraham arrive en France en 1934. Il part rejoindre à Lens son beau-frère. Maurice Garber, le plus jeune des 4 enfants de Michel-Abraham Garber précise : « A Lens, il était plus facile pour mon père qui parlait mal le français de faire commerce avec des polonais. Mon père, à Lens, prenait des commandes pour faire des costumes sur mesure ».

Michel Garber, sa femme Sarah et leurs quatre enfants quittent Lens en décembre 1940 et se réfugient en Dordogne à Champcevinel et dans la commune des Piles. Michel est arrêté lors d'une rafle en février 1943. Il est déporté  par le convoi n° 50 vers Maïdanek-Sobibor et meurt en déportation

(Photographie de Michel-Abraham Garber, collection familiale)

 

 

Himmelfarb Jezechiel

Jezechiel Himmelfarb est né le 2 juillet 1899 à Varsovie (Pologne) (1). Il est arrivé en France en 1920, muni d’un contrat de travail dans les mines de Marles (Pas-de-Calais). Il a ensuite été expulsé vers la Pologne pour « délit politique » en 1921 – il faisait des conférences pour le Syndicat des Mineurs du Pas-de-Calais. Après quelque temps passés en Argentine, puis en Belgique, il revient à Lens, en 1926. Il y travaille quelques mois aux usines Gaillard-Stievenard puis s’établit comme marchand forain en confection avec sa femme, Fajga Epsztein, et fréquente les marchés des environs (2). En 1929, le couple a un enfant, Charles né à Lens le 26 mars (1).

En 1934, Jezechiel Himmelfarb devient commissaire du fonds de l’Union Sioniste de France, membre du conseil d’administration de l’Union des Juifs de l’Est et président de l’Association du Culte Israélite de Lens. Cette position lui vaut d’obtenir sa naturalisation, en 1937, grâce à l’intervention en sa faveur du député socialiste du Pas-de-Calais, Jacques Loutard auprès du Garde des sceaux (2).

S’il ne fait pas partie de ceux raflés à Lens le 11 septembre 1942, Jezechiel est arrêté quelques jours plus tard, à son domicile lensois au 123, Rue Émile Zola, lors de la rafle du 25 septembre 1942, et déporté avec sa femme, son fils et treize autres Lensois à Auschwitz via Malines le 26 septembre dans le Transport XI. Quelques jours auparavant, Jezechiel Himmelfarb avait plaidé en vain pour que le chef du cabinet de la préfecture d'Arras intervienne pour libérer des juifs lensois arrêtés le 11 septembre 1942, notamment des enfants. Au moment, où il fait cette démarche, Jezechiel ne sait pas que les juifs lensois, raflés, ont déjà été déportés à Auschwitz. Il sollicite à la fin de son courrier qu'il lui : "soit permis de pénétrer dans le local, qui sert de synagogue, 14 bis rue Félix Faure à Lens, dans le fond de la cour, et où je demande à pouvoir pratiquer ma religion."

Jezechiel Himmelfarb, 43 ans, sa femme Fajga, 48 ans et leur fils Charles, 13 ans, ne reviendront pas de déportation.

(1) Mémorial de la caserne Dossin

(2) Face à la persécution: 991 Juifs dans la guerre. De Nicolas Mariot, Claire Zalc. Ed Odile Jacob

Photographie : Jezechiel Himmelfarb. Source : publiée avec l'aimable autorisation des Archives Générales du Royaume (AGR)-Police des Etrangers, Belgique.

Honig Beer

Beer Honig (Henik) est né le 31 décembre 1876 à à Brzozów (Pologne). De nationalité polonaise, il est le fils de Moses Jakob et de Rechuma Grundwid. Beer se marie avec Débora Teitelbaum.

Beer a eu 4 enfants : Hénoze née le 21 octobre 1902, Pinkas né le 18 septembre 1905, Gitla née le 13 mars 1909 et Chanina né le 8 mai 1912. Beer arrive en France en 1933. Au début de l'année 1940, il habite 32 rue Decrombecque à Lens. Au cours de la même année, il se réfugie à Dinard avec le reste de la famille. Le 23 novembre 1940, Beer et l'ensemble de sa famille sont assignés à résidence à Château-Gontier (Mayenne) par les autorités allemandes. Beer y réside avec ses enfants et leurs familles. En juillet 1942, les quatre enfants de Beer sont arrêtés et déportés par le convoi n°8 vers Auschiwitz.

Beer est arrêté avec son épouse le 9 octobre 1942 vers 8h à Château-Gontier par les autorités allemandes avec six autres juifs. Beer est transféré au camp de Mulsanne (Sarthe) le 9 octobre 1942, il est transféré au camp de Drancy le 18 octobre 1942 et déporté le 6 novembre 1942 par le convoi n°42 à Auschwitz avec son épouse Debora et son petit-fils Asher Roth, âgé de 7 ans, dont les parents, Henoze Honig et Chiel Roth, avaient été déportés depuis Angers quelques semaines auparavant par le convoi n°8 (1).

Aucun ne reviendra, Beer avait 66 ans.

(1) Site internet : "Les déportés juifs de la Sarthe"
 

Photographie de Beer Honig reproduite avec l'aimable autorisation du site "Les déportés juifs de la Sarthe"

Honig Debora née Teitelbaum

Deborah Honig, née Teitelbaum, est née le 27 novembre 1882 à Losic (Pologne). Elle est la fille de Meilech Teitelbaum et de Gittel Spitz. Elle est l'épouse de Beer Honig.

En 1939 Deborah habite à Lens au 11 rue Berthelot, avant de séjourner quelques mois à Berck. Ensuite elle habite successivement entre Dinard et Lens. Sa dernière résidence à Lens est au 32 rue Decrombecque, qu'elle quitte au cours de l'année 40 pour Dinard, où se sont réfugiés les autres membres de la famille Honig. Les Honig ne peuvent rester longtemps à Dinard. Parce que Juifs, les membres de la famille sont en effet assignés à résidence à Château-Gontier (Mayenne) à partir du 23 novembre 1940.

Le 9 octobre 1942 vers 8h, Debora est arrêtée avec son époux, à Château-Gontierpar les autorités allemandes. Elle est transférée au camp de Mulsanne (Sarthe) le 9 octobre 1942, puis au camp de Drancy le 18 octobre 1942. Debora est déportée le 6 novembre 1942 par le convoi n°42 à Auschwitz avec son mari Beer et son petit-fils Asher Roth, âgé de 7 ans.Aucun ne reviendra, Debora avait 60 ans (1).

(1) Site internet : les déportés juifs de le Sarthe 

Photographie de Debora Honig reproduite avec l'aimable autorisation du site "Les déportés juifs de la Sarthe"

Jozefowicz Idel-Ber

Idel Ber Jozefowicz est né le 11 septembre 1909 Tomaszow (Pologne). Il arrive en France en 1937 et exerce la profession d'ouvrier tailleur. En 1940, il habite à Lens, 13 rue Uriane Sorriaux. Idel Josefowicz épouse Léa Geldner née le 5 mai 1919 à Czestochowa (Pologne).

Lea Geldner est la fille d'Israel et Liba née Cymerman. Lea a un frère cadet, Léon, né en 1928. Les Geldner quittent la Pologne et arrivent en France en 1927. Au début de la guerre, il habitent à Lens au 65 bis, rue Decrombecque (1).

Idel et son épouse Lea habitent à Lens à la même adresse que la famille de Lea, Rue decrombecque.

Le 22 juillet 1942, le couple donne naissance à un garçon, Josef.

En août 1942, des étoiles jaunes sont distribués aux familles Josefowicz et Geldner. Tous seront arrêtés à Lens, le 11 septembre 1942, lors de la grande rafle des Juifs du Nord-Pas-de-Calais (1).

Voici ce qu'écrit Laurence Schram (Senior Researcher, Kazerne Dossin, Malines, Belgique) à propos du petit Josef Jozefowicz : " Le petit Josef Jozefowicz, né à Lens, âgé d’un mois et demi, est le plus jeune des déportés du transport X. Il est inscrit sur la liste de déportation avec ses parents, Léa Geldner et Idel Jozefowicz. Ce couple de tailleurs, comme la plupart des Juifs capturés pendant cette rafle, a immigré de Pologne. Le déporté le plus âgé est aussi issu de cette immigration de Pologne en France : Moïse Aschkenazy a 79 ans. Il est évident que ni le nourrisson ni le vieillard n’avaient aucune chance de survie à l’issue de la sélection. Tous deux ont été assassinés dans les chambres à gaz du centre de mise à mort de Birkenau, sans jamais passer par le complexe concentrationnaire d’Auschwitz-Birkenau".

Aucun des membres des familles Josefowicz et Geldner ne reviendront de déportation.

(1) Documents communiqués par N Mariot et C Zalc.

(2) Laurence Schram, « De Malines à Auschwitz », Tsafon, 79 | 2020, 75-96.

Photographie : Idel-Ber Josefowicz. Source : publiée avec l'aimable autorisation des Archives Générales du Royaume (AGR)-Police des Etrangers, Belgique.

Kiestenberg Abel

Abel Kiestenberg, né en 1937, est confié par sa mère à Marianna Tysak, nourrice originaire de Pologne qui habite à Loos-en-Gohelle.
Quelques jours avant la rafle de Lens, Esthera Kiestenberg, née le 10/11/1909 à Sharcyssow, vient chercher son fils Abel pour le ramener à Lens, trompée par les promesses de travail à l’Est.
Arrêtés à Lens parce que juifs le 11 septembre 1942, Esthera Kiestenberg, 33 ans, et son fils Abel, 5 ans, seront déportés sans retour le 15 septembre 1942 par le transport X depuis la Caserne Dossin (Malines-Mechelen) en Belgique à Auschwitz (Pologne) (1).

(1) http://www.ajpn.org/personne-Abel-Kiestenberg-12306.html

Photographie : source les Justes Loosois https://www.loos-en-gohelle.fr/.../04/encart-Justes-OK.pdf

Landau Anna et Alain

Anna Landau-Sznajder est née le 18 octobre 1906 à Varsovie (Pologne). Médecin, elle rencontre son futur mari, Lejbus-Léon Landau, à la faculté de Médecine de Paris. Le couple s'installe à Berck. Ils exercent en tant que médecins au 455 rue de l'Impératrice. Le 9 mars 1939 naît chez les Landau un garçon, Alain.

Engagé volontaire en 1939, Lejbus est nommé médecin requis dans les mines de Dourges à Hénin-Liétard (Pas-de-Calais). Anna et leur fils quittent alors Berck pour rejoindre Lejbus en mars 1940.

Le 11 septembre 1942, jour de "Roch Hachana ", le nouvel an juif, Anna, Alain et Lejbus sont raflés à leur domicile de Hénin-Liétard par la Feldgendarmerie assistée de la police Française . Ils sont amenés à Malines (le Drancy belge) en Belgique, avant d’être déportés le 15 septembre par le convoi X à Auschwitz où ils arrivent le 17 septembre.

Anna et Alain seront gazés dès l'arrivée. Anna avait 35 ans, Alain 3 ans.

Lejbus est enregistré dans le camp. Il sera libéré par les Américains le 29 avril 1945, il revient seul le 15 juin 1945 à Berck en ayant tout perdu.

(1) Les persécutions des Juifs de Berck-sur-Mer, victimes de la Solution Finale lors de la 2de Guerre mondiale.

Photographie de Anna Landau et Alain Landau en 1941. Collection famille Landau. Remerciements à Monsieur Alain Landau qui a communiqué cette photographie à Monsieur Cyril Brossard.

Levy Henriette née Sigal

Henriette Levy née Sigal, est la fille de Charles Sigal et de Haia Priva Leibel. Elle est née le 29/04/1913 à Paris (1).

Charles SIgal, le père de Henriette est un Roumain arrivé en France en 1908 ; il s’installe à Lille en 1922 (où son beau-frère est marchand de meubles) puis à Lens à partir de 1925 (2).

Henriette Sigal a un frère et une soeur: Bernard et Renée. La famille réside à Lens, 20 rue de la Paix.

Henriette Sigal est mécanicienne dentiste. Emile Lévy, le mari d'Henriette, est prothésiste, il est né le 12 février 1905 (3).

Henriette est arrêtée à Lille (16, Rue de Fleurus, Lille (Nord)) avec son frère Bernard et trois de leurs cousines, Renée, Bella et Berthe Zalberg, par la Sipo-SD de La Madeleine (Nord) le 1er Juillet 1943. Henriette est déportée sans retour à Auschwitz via Malines (Belgique) par le convoi XXI du 31 juillet 1943 (3-4).

Son mari, sera déporté un an après, le 31 juillet 1944 par le convoi XXVI parti de Malines (4).

Les parents d'Henriette et sa plus jeune soeur, Renée, ont quant à eux quitté Lens au début de la guerre et se sont réfugiés à Saint-Aubin (Bretagne) . Renée et Haia, sa mère sont interpellées et détenues à la gendarmerie de Saint-Aubin en 1942. Charles, le père, réussi à s’échapper. Le mercredi 14 octobre 1942, à 14 h, un convoi , en partance de Rennes, amènent Renée et sa mère à Drancy. De là, elle sont déportées sans retour par le convoi n° 40 à Auschwitz, le 4 novembre 1942 (5).

Charles, le père, sera le seul à survivre à la guerre. Dans l'immédiat après guerre, il écrit : "toute ma famille, femme, 2 filles, 1 fils, 1 gendre ayant été déportés en Allemagne ne sont pas rentrés" (2).

(1) Kaserne Dossin

(2) Face à la persécution: 991 Juifs dans la guerre. De Nicolas Mariot, Claire Zalc. Ed Odile Jacob

(3) AJPN

(4) Kaserne Dossin 

(5) https://www.facebook.com/.../permalink/316617422995115

Photographie : Henriette Levy née Sigal. Source : publiée avec l'aimable autorisation des Archives générales du Royaume-Archives des Victimes de Guerre, Belgique.

Lieber Simon Salomon

Simon Salomon Lieber est né le 27/07/1926 à Lens (Pas-de-Calais) (1) ou en Pologne à Jaroslaw (2).

Il est le fils de Moshe Moser Lieber et de Sarah Lieber née Kalchheim le 27/12/1893 à Jarosław (Pologne) (1).

La famille Lieber quitte la Pologne pour la Belgique, puis en 1930 ils vont habiter en France à Lens (Pas-de-Calais) (3).

Simon a deux frères, Aron Samuel, né le 03/07/1932 à Lens et Haim né le 22/6/1919 à Jarosław (Pologne) et une soeur Frédérika Frieda, née le 17/10/1920 à Jarosław (Pologne).

Avant guerre, la famille Lieber habite à Lens au 29 avenue Raoul Briquet. Ils quittent Lens lors de l'exode de Mai 1940 (4).

La mère de Simon, Sarah, son frère Aron Samuel, 10 ans et sa soeur Frédérika Frieda, 21 ans, réfugiés à Niort (Deux-Sèvres), sont arrêtés. Ils sont internés à Poitiers et déportés sans retour à Auschwitz par le Convoi n°29 du 07/09/1942.

Simon est quant à lui réfugié dans la région de Lyon. Il est membre de la Résistance (Main d'Oeuvre Immigrée). Sa dernière résidence connue est au 84 rue Béchevelin à Lyon-7ème.

Arrêté puis a transféré à Drancy, il est déporté à Kaunas-Reval (Lituanie) le 15/05/1944 par le convoi n°73. Il meurt en déportation. Simon avait 17 ans (1).

Le convoi 73 est seul convoi parti de France, pour des raisons non élucidées à ce jour, à avoir pour destination finale un camp dans les Pays Baltes. Le convoi 73 est par ailleurs le seul convoi français qui ne comporte que des hommes (5).

(1) https://www.deportesdelyon.fr/les-archives.../enfants-lieber

(2) https://yvng.yadvashem.org/index.html?language=fr&s_id=&s_lastName=lieber&s_firstName=simon&s_place=lens&s_dateOfBirth=&cluster=true

(3) https://www.genealoj.org/fr/famille-lieber-jaroslawlens

(4) Document fourni par N Mariot et C Zalc

(5) https://www.liberation.fr/.../convoi-73-le-train-des...

Photographie : Simon Lieber, reproduite avec l'aimable autorisation de Yad Vashem.

La famille Morgenstein-Szymkowicz

La famille Morgenstein-Szymkowicz demeure à Lens (Pas-de-Calais). Le père Marcel Morgenstein est un ouvrier de 47 ans, immigré juif de Pologne. Son épouse, Majka Szymkowicz, une ménagère de 42 ans, est aussi immigrée de Pologne. Leurs deux premiers enfants, Gela, 17 ans, et Mordka, 14 ans, sont nés en Pologne, à Krzepice. Les trois autres, Anna, 11 ans, Simone, 9 ans et Henri, 5 ans, sont nés à Lens et, selon le code de nationalité en France, sont français de naissance. En vérité, cette disposition légale ne protège plus les enfants d’immigrés juifs (1). Le 11 septembre 1942, la police française les arrête, à leur domicile au 111 Rue Etienne Flament à Lens (2) pour le compte des Allemands et la Feldgendarmerie les convoie jusqu’à la caserne Dossin à Malines (Belgique) le 12 septembre. Ils sont déportés par le transport X du 15 septembre 1942. Aucun membre de la famille ne reviendra d'Auschwitz-Birkenau (1).

(1) Mémorial de la Kazerne Dossin 

(2) document fourni par Nicolas Mariot et Claire Zalc

Photographie : © Centre de ressources de La Coupole.

La famille Morgenstein: au premier rang, Anna Morgenstein, sa soeur, Simone, son frère Henri. Le père, Marcel Morgenstein à droite au second rang, l’aînée, Gela, à gauche

Sigal Bernard

Bernard Sigal est né le 29 août 1921 à Paris. Il est le fils de Charles Sigal et de Haia Priva Leibel.

Bernard est arrêté à Lille où il s'était réfugié avec sa soeur, Henriette. Il est déporté sans retour à Auschwitz via Malines le 31 juillet 1943. Bernard avait 21 ans

Charles SIgal, le père de Bernard est un Roumain arrivé en France en 1908 ; il s’installe à Lille en 1922 (où son beau-frère est marchand de meubles) puis à Lens à partir de 1925.

Bernard Sigal a deux soeurs: Renée et Henriette. Tous les trois ont été naturalisés collectivement par déclaration devant le juge de paix du canton de Lens-Est en 1927. La famille réside à Lens, 20 rue de la Paix (1).

Au début de la guerre, Bernard est étudiant à Lens. Avec sa soeur, Henriette, ils se réfugient à Lille, et y habitent 16 rue de Fleurus (2).

Bernard, sa soeur Henriette et trois de leurs cousines, Renée, Bella et Berthe Zalberg, sont arrêtés par la Sipo-SD de La Madeleine (Nord) le 1er Juillet 1943.

Ils sont emmenés directement à la prison de Loos, Bernard et Henriette sont déportés sans retour à Auschwitz via Malines (Belgique) par le convoi XXI parti le 31 juillet 1943 (3-4).

(1) Feuille de témoignage- Yad Vashem

(2) Face à la persécution: 991 Juifs dans la guerre. De Nicolas Mariot, Claire Zalc. Ed Odile Jacob

(3) AJPN 

(4) Kaserne Dossin. 

Photographie : Bernard Sigal. Source : publiée avec l'aimable autorisation des Archives générales du Royaume-Archives des Victimes de Guerre, Belgique.

Sigal Renée

Renée Sigal est née le 26 avril 1926 à Lens. Elle est la fille de Sigal Charles (né le 25 juillet 1887 à Darabani, Roumanie), marchand de meubles et Leibel Haia Priva (née en octobre 1894 à Darabani, Roumanie). Renée, de nationalité Française, a une soeur, Henriette, et un frère, Bernard né en 1921. Au début de la guerre, les Sigal habitent 20 rue de la Paix à Lens.

En mai 1940, Renée Sigal et ses parents vivent l'exode, quittent Lens et arrivent en Bretagne. En fuite, la famille Sigal doit plusieurs fois quitter son domicile sur ordres des autorités allemandes. Ils finissent par s’installer à Aubigné (Bretagne), le 26 octobre 1941. Le 26 avril 1942, Renée célèbre ses 16 ans au bourg d'Aubigné. Le 29 mai, elle applique l'obligation de coudre sur ses vêtements une étoile jaune. Le 9 octobre 1942, lors de la seconde rafle des juifs dans le département, trois gendarmes viennent arrêter Renée et sa mère. Charles, son père réussit à s'échapper. La mère et la fille sont expédiées à Rennes dans une voiture de la gendarmerie. Elles sont ensuite envoyées à Drancy sous escorte militaire le 15 octobre 1942. Le 4 novembre 1942, ces deux femmes sont parquées de force dans le convoi 40 à destination d’Auschwitz-Birkenau. Renée Sigal décède dans ce camp d’extermination le 9 novembre 1942. Elle était âgée de 16 ans et demi (1). Sa mère ne reviendra pas.

Après la guerre, son père, de retour à Lens, attendre le retour de sa fille et de son épouse et de ses deux autres enfants qui s'étaient réfugiés à Lille, Bernard et Henriette, assassinés eux aussi à Auschwitz en août 1943 (2).

En juin 2019, une allée a été inaugurée dans la commune de Saint-Aubin d'Aubigné (Bretagne) à la mémoire de Renée Sigal. Une exposition rendant hommage à sa mémoire a aussi été réalisée et présentée par Alain Delpirou, professeur d’Histoire. Elle s’intitule De Lens à Auschwitz en passant par Rennes et Aubigné en Bretagne. Ou le parcours en 1942 d’une jeune juive française, Renée Sigal. (3)

(1) https://www.acciesafrarennes.fr/.../inauguration-allee...

(2) Ouest France, 19 juin 2019.

(3) https://www.ouest-france.fr/.../saint-aubin-d-aubigne-une...

Swierc Moszek

Moszek-Moïse Swierc (ou Swiercz) est né le 17 novembre 1899 à Bialaczow (Pologne) ). Il épouse Rachel Galek qui vient, elle aussi, de Pologne.

Moszek est marchand forain dans le textile. Pendant la guerre le couple quitte Lens et réside 135 rue de Paris à Lille (1).

En 1943, le couple est arrêté, transféré à la caserne Dossin à Malines (Belgique) et déporté sans retour par le convoi XX vers Auschwitz le 19 Avril 1943.

(1) Documents communiqués par N Mariot et C Zalc.

(2) Laurence Schram. De Malines à Auschwitz.Déportation des Juifs et des Tsiganes du Nord de la France. Tsafon 2020 ; 79 : 75-96.

Photographie de Moszek Swierc reproduite avec l'aimable autorisation des Archives générales du Royaume-Archives des Vicitmes de Guerre (Belgique)

Swierc Rachel née Galek,

Rachel-Ruchla-Laja Galek (ou Galecki) est née le 10 mai 1897 à Varsovie (Pologne). Elle épouse Moszek Swierc (ou Swiercz), né lui aussi en Pologne.

Le couple réside 18 avenue Alfred Van Pelt à Lens. Pendant la guerre, le couple déménage à Lille, rue de Paris (1). Rachel et Moszek sont arrêtés en 1943 et transférés à la caserne Dossin à Maline (Belgique).

Le 19 avril 1943, avec au moins deux autres détenus originaires du Nord de la France (Herman Goldschmidt, domicilié à Lille et Alfred Beiline, un lensois) ils embarquent à bord d’un transport composé pour la première fois de wagons de marchandises, le convoi XX (2).

Ils sont déportés vers Auschwitz sans retour.

(1) Documents communiqués par N Mariot et C Zalc.

(2) Laurence Schram. De Malines à Auschwitz.Déportation des Juifs et des Tsiganes du Nord de la France. Tsafon 2020 ; 79 : 75-96.

Photographie de Rachel Galeck reproduite avec l'aimable autorisation des Archives générales du Royaume-Archives des Vicitmes de Guerre (Belgique)

Tepper Génia-Goldie 

Génia-Goldie Tepper, née Garber, naît le 11 novembre 1917 à Kielce (Pologne). Elle est la fille aînée de Sarah Fajnkuchen et de Michel Abraham Garber. Génia quitte, avec son frère Joseph, la Pologne en 1936 pour rejoindre les autres membres de leur famille qui sont arrivés à Lens quelques mois auparavant. A la veille de la deuxième guerre mondiale, tous habitent au 4 rue Victor Picard à Lens. 

En décembre 1940, Génia et sa famille prennent la route de l’exode et se réfugient en Dordogne. Quelques mois plus tôt, Génia a épousé Paul Tepper. Paul et Génia s’installent, en Dordogne, aux Piles, à quelques kilomètres au nord de Périgueux.

En février 1943, Michel-Abraham Garber et Joseph Garber, le père et le frère de Genia, sont raflés à Périgueux et déportés à Auschwitz. Cette tragédie conduit les membres de la famille à quitter la Dordogne au cours de l’année 1943. Maurice Garber, le frère de Génia décrit cette fuite : « Après les rafles, ma mère a décidé qu’on quitte les lieux et qu’on aille vers la zone italienne ». Les Tepper et les Garber rejoignent Grenoble en passant par Lyon. A Grenoble, les Tepper se sentent plus en sécurité. Mais le répit est de courte durée. L'armistice de Badoglio, le 8 septembre 1943, signe le repli des troupes italiennes. Les Allemands occupent désormais tout le territoire français.  

Genia et son mari Paul Tepper, décident alors de fuir en Suisse.  Paul Tepper témoigne : « Nous sommes partis de Grenoble avec deux messieurs dont j'ai fait la connaissance alors qu'ils venaient se ravitailler à Sassenage. Nous leur avons payé le voyage jusqu'à Annemasse et de là ils nous ont conduits à la frontière »  (1).  Les conditions d’entrée en Suisse pour les Juifs sont très restrictives, seules les familles ayant un enfant de moins de 6 ans peuvent entrer dans la confédération helvétique. Moins de 2 ans auparavant, le 3 novembre 1941, un fils était né chez les Tepper, Léon. C’est avec leur fils Léon, que Génia et Paul Tepper, ainsi que Maurice et Sarah Garber prennent place au sein d’un groupe de treize personnes qui franchissent de nuit la frontière suisse, le 17 septembre 43 (2). Les Tepper, Maurice et Sarah Garber restent en Suisse jusqu’en avril 1945. Et c’est à Lausanne, le 12 mai 1944, huit mois après leur arrivée en Suisse que Genia Tepper donne naissance à son deuxième enfant : Madeleine.  

Après-guerre, Paul, Genia, Lenny et Madeleine Tepper, reviennent habiter à Lens. 

 

(1) Déposition de Paul Tepper le 18 novembre 1943 auprès de l’administration suisse après son interpellation à la frontière. Document fourni par Nicolas Mariot et Claire Zalc

(2) Nicolas Mariot, Claire Zalc. Face à la persécution: 991 Juifs dans la guerre. Odile Jacob (16 septembre 2010)

(Photographie de Génia-Goldie Tepper, collection familiale)

Portraits de Justes : les familles Counord et Gordon

Madeleine Counord institutrice en école maternelle, vivait à Château-Gontier dans la Mayenne, en zone occupée.
Son frère André Counord, professeur au collège de Château-Gontier, et son épouse Denise née Labat, standardiste à la Poste, avait fondé un groupe de résistants dès 1940-1941. La soeur de Madeleine Counord, Hélène Gordon, est institutrice à Bonneuil-sur-Marne en région parisienne. En 1942 les famille Counord et Gordon ont sauvé la vie de Esther Honig et ses enfants (1-3).

Les Honig ont quitté Lens au début de la guerre pour se réfugier à Dinard. En novembre 40, les Honig sont assignés à résidence à Château-Gontier (Mayenne)et sont contraints de quitter Dinard.

Le 16 juillet 1942, place du Pilori, à Château-Gontier, les gendarmes viennent arrêter Pinkas Honig, le mari d'Esther Honig, ainsi que le frère de Pinkas et ses deux sœurs et leurs conjoints. Incarcérés à Angers, ils seront déportés sans retour vers Auschwitz.

Esther Honig, enceinte de six mois, et ses deux filles, Cécile, 4 ans, et Fanny, 2 ans et demi, échappèrent à la rafle. Les deux petites filles, Cécile et Fany, fréquentaient le jardin d'enfants tenu par Madeleine Counord qui fut témoin de l'arrestation et se jura de faire tout ce qu'elle pourrait pour sauver la maman et les deux petites filles.

Le 9 octobre 1942, une seconde rafle a lieu à Château-Gontier. Esther, enceinte, prétendit être saisie de douleurs. Les gendarmes repartirent, précisant qu'ils reviendraient. Élie Honig naît le 4 novembre 1942. Le 21 novembre 1942, André et Madeleine Counord aidés de Melle Gaillard, sage femme et Melle Fauconnier, femme de service, s'occupent alors immédiatement de trouver un refuge pour Esther et ses enfants.

Esther est envoyée en région parisienne, chez Hélène Gardon, la soeur de Madeleine Counord, qui la loge dans son appartement de fonction, à l'école où elle enseigne à Bonneuil-sur-Marne. Elle y restera 2 mois, puis Hélène Gardon la conduit dans un couvent à Paris où elle restera jusqu'à la Libération de Paris (1).

André et Denise Counord firent admettre Cécile et Fanny à l’orphelinat Saint-Vincent-de-Paul de Château-Gontier (2). Les filles quitteront ensuite la Mayenne pour se réfugier à Montgeron (aujourd’hui département de l’Essonne) dans une maison d’enfants.

Élie, quant à lui, dut être séparé de sa mère et placé en nourrice. Lorsque cette dernière tomba malade, Madeleine Counord vint chercher Élie et le ramena chez elle. Janeau et Monette Gardon, les enfants de Hélène Gardon, prendront soin de lui plusieurs semaines. Elie sera ensuite confié au Docteur Gigon à Angers où il reste jusqu’à la Libération.

Jusqu'à la Libération, Madeleine Counord assurera le lien entre Esther et ses trois enfants.
A l'issue de la guerre, Esther Honig et ses enfants, après avoir séjourné à Château-Gontier rejoindront Lens puis partiront en 1949 pour le Canada.

Le 29 avril 1985, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Madeleine Counord, à sa soeur Hélène Gordon et ses enfants, Janeau et Monette, le titre de Juste parmi les Nations.

Le 28 avril 2002, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Denise et André Counord le titre de Juste parmi les Nations.

références :

(1) http://www.ajpn.org/juste-Madeleine-Counord-721.html

(2) https://yadvashem-france.org/les-justes-parmi-les-nations/les-justes-de-france/dossier-3193/

(3)https://actu.fr/.../hommage-le-17-mai-a-denise-et-andre...

Photographie de Denise et Andre Counord, source Yad Vashem.

Portraits de Juste : Papillon Thérèse 

Thérèse Papillon est née le 10 septembre 1886 à Saint-Germain-en-Laye. Elle reçut une formation d'infirmière et devint professeur à l'école d'infirmière de sa ville.

Durant la Première Guerre mondiale, Thérèse Papillon s'engage dans le service de santé des armées et servit sur tous les fronts. Après la guerre, Thérèse Papillon décide d'ouvrir un préventorium à l'Abbaye de Valloires à Argoules dans la Somme pour les enfants souffrant d'affections pulmonaires.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale commence, elle s'engage dans la résistance au sein du réseau Organisation civile et militaire (OCM) et du réseau Centurie.

Pendant l'Occupation, elle cacha des enfants juifs originaires de Lens dans son établissement jusqu'à la Libération : Joseph Kleinhandler, Mina et Jules Bonszyfer, Daniel Mandelbaum furent sauvés ainsi de la déportation.

Thérèse Papillon décède le 23 mars 1983.En 2016, elle fut reconnue, à titre posthume, Juste parmi les nations par le Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem

Sur le lien suivant, vous pouvez retrouver les discours de Daniel Mandelbaum et du fils de Joseph Kleinhandler prononcés à l’occasion de la cérémonie où fut décerné à Thérèse Papillon le titre de Juste parmi les nations : Lien vers les discours

(Références : (1) Wikipedia (2) Site de l'AJPN (3) Article du Courrier Picard, Photographie : Collection Yad Vashem, archive familiale)

 

Portraits de Justes : Tysiak Joseph, Tysiak Marianna  et leur fille Sloma Marianna née Tysiak.

Joseph Tysiak est né le 13 février 1896, Marianna son épouse est née le 10 octobre 1895, leur fille Marianna épouse Sloma est née 16 janvier 1923. Ils ont pendant la guerre protégé les enfants Cymbalista. En 2008, Yad Vashem leur a décerné la médaille de « Juste parmi les Nations ». Joseph et Marianna Tysiak, sont décédés en 1968 et 1966, Marianne Sloma en 2009.

Joseph et Marianna Tysiak viennent de Pologne, ils arrivent en France en 1922, lui devient mineur et elle nourrice et mère au foyer. Le couple a trois enfants, Marianna, Jeanne et Stéphane. Ils habitent au 206 route de Béthune, une maison isolée du village.

Dès 1940, les époux Tysial rejoignent les membres du P.O.W.N., réseau polonais de résistance et leur ferme située à Loos en Gohelle dans le département du Pas de Calais devient un lieu central de la Résistance locale.

Marianna Tysiak est nourrice. Elle garde essentiellement les enfants de commerçants juifs de Lens, d’origine polonaise. Chez elle, il y avait Abel Kestenberg, né en 1937 et Hélène Grunfas, né en 1941. Il y avait également Marie-Myriam Cymbalista, née en 1935 et son frère Norbert, né en 1939.

Au moment où les mesures anti-juives se précisent dans la région, Abram et Estéra Cymbalista, tailleurs installés à Lens, décident d'éloigner leurs deux enfants, Marie et Norbert, à la campagne. Ils les mettent à l'abri chez les Tysiak, à Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais). Marie a alors 7 ans et Norbert 3 ans. Hélas, le pressentiment des Cymbalista se confirme : les époux Cymbalista sont arrêtés à Lens lors de la grande rafle du 11 septembre 1942, transférés à la Kaserne Dossin à Malines en Belgique et déportés à Auschwitz d’où ils ne reviendront pas (par le XIème convoi du 26 septembre 1942).

A la veille de l’arrestation des Cymbalista et afin de ne pas être inquiétés, les Tysiak décident de faire courir le bruit que les Allemands étaient aussi venus chercher les enfants. A partir de ce moment- là, ils décident de cacher les enfants dans leur porcherie. Ils leur apprennent à se dissimuler dans les ballots de paille, à grimper à l’échelle et leur demandent qu’à la moindre alerte ils aillent se réfugier dans la porcherie. A la moindre alerte, cette porcherie servira de cachette efficace. En effet, une dénonciation conduisit les occupants chez les Tysiak. Les Allemands cherchèrent en vain les petits juifs, Myriam et Norbert.

Marie-Myriam et Norbert ne reverrons jamais leurs parents et ils resteront à Loos-en-Gohelle jusqu'en 1950 avant d'être placés dans une maison d’enfants de l’OSE, à Versailles.En 1953, ils partent vivre en Israël sans pour autant laisser se distendre les liens entre eux et les Tysiak (1-4).

(Photographies provenant du site de Yad Vashem: En haut à gauche, Joseph Tysiak ; en haut à droite Marianna Tysiak ; en bas Marianna Sloma née Tysiak).

(1) https://yadvashem-france.org/les-justes-parmi-les-nations/les-justes-de-france/dossier-11359/

(2) http://www.ajpn.org/juste-Marianna-Tysiak-2835.html

(3) https://www.loos-en-gohelle.fr/wp-content/uploads/2013/04/encart-Justes-OK.pdf

(4) https://www.loos-en-gohelle.fr/wp-content/uploads/2011/03/DP-Justesimp.pdf